Angèle

Après Stromae et Damso, pour ne citer qu’eux, la Belgique a produit un nouveau prodige : Angèle, de son vrai nom Angèle Van Laeken. Elle est assurément le phénomène de l’automne avec son premier album « Brol », un terme argotique belge qui lui tient particulièrement à coeur. « J’avais simplement envie de mettre un mot belge dans mon album, d’autant qu’il m’a toujours fait rire. Le brol c’est le bordel, le désordre mais optimiste et léger, ce n’est pas du tout péjoratif. Ce mot me rappelle mon enfance, mon pays parce que j’y suis de moins en moins. Je le trouve du coup très rassurant. »

Si Internet produit des artistes instagram à la chaine, Angèle se démarque de la masse qui encombre les artères de YouTube comme du mauvais cholestérol. A 22 ans, elle vient bousculer les codes du « game » et se moque gentiment de la « fame » et de ses vicissitudes. Pur produit de son époque, elle transcende les clivages musicaux, vestimentaires, sociaux ou ethniques – à l’image de Bruxelles, capitale de pop urbaine européenne, plus décomplexée que Paname ; une nouvelle pop urbaine qui n’a plus besoin de revendiquer une identité, une classe, un quartier ou des couleurs.

Angèle est une bedroom producer avec un gros « Do It Yourself » floqué sur son sweatshirt oversize. Elle écrit ses paroles, compose ses propres sons, et propose une esthétique graphique qui lui ressemble, directe et percutante, en recrutant la toute jeune Charlotte Abramow pour s’occuper .de son image. Angèle a créé son propre label, Angèle VL, remplit le Trianon seule en mai, en novembre, et a même lancé son premier Olympia pour le 13 mars 2019, après avoir écumé les principaux festivals de l’été. On l’a compris, la native du quartier de Linkebeek n’est pas une nouvelle marque de lessive lancée sur le marché.

Issue d’une famille d’artistes, Angèle a baigné dans la musique depuis le liquide amniotique, Après avoir suivi des études académiques de jazz, Angèle a commencé par des reprises de classiques de la pop sur son Instagram et s’est construit un univers au succès phénoménal. Foncièrement libre, elle y pulvérise les clichés – n’hésite pas à se fourrer le doigt dans le nez, littéralement, ou se recouvrir la chevelure de pâtes. Ses trois premiers hits (‘La Loi de Murphy’, ‘Je veux tes Yeux’ et ‘La Thune’) imposent avec fraicheur son identité musicale. Angèle s’avère aussi à l’aise pour reprendre Dick Annegarn que pour inviter sur son album (‘Tout Oublier’), son rappeur de frangin, Roméo Elvis, ou être la seule invitée du dernier album de Damso (‘Silence’), dont elle a également fait les premières parties.

Brol est un disque qui lui ressemble. A 22 ans, Angèle fait preuve d’une étonnante maturité quand elle s’attaque aux thèmes mille fois explorés par la chanson, comme la jalousie, l’amour ou le bonheur, en décryptant son époque et tutoyant ses travers : du brushing dévasté par ‘La loi de Murphy’ à la question existentielle de la recherche du bonheur (« le spleen n’est plus à la mode », décrète-t-elle sur ‘Tout Oublier’) en passant par la dictature des réseaux sociaux, des likes faciles sur les murs de la gloire (‘Victime des Réseaux’). A la fois candide et acide, elle égratigne sur ‘La Thune’ l’époque de la célébrité et du bling avec un sens gracile de l’autodérision. Sur ‘Balance ton Quoi’, elle vide son sac en susurrant aux sexistes qui n’en finissent pas de salir la gente féminine « d’aller se faire en… » sur une prod pop acidulée.

Angèle incarne parfaitement sa génération, magmatique et syncrétique, où les frontières entre les genres musicaux ne sont plus qu’un lointain souvenir. De la pop, du rap et de l’electro passés au blender : Brol, le nouvel album d’Angèle, s’annonce comme le smoothie le plus frais de l’année.

Premier album BROL, sortie le 5 octobre 2018
(Angèle VL Records / Initial Artist Services)


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